lundi 31 mars 2008

Faudel BELLOUA nous parle d’intelligence

"Rachid Taha est intelligent, trop intelligent peut-être. Il a tendance à trop réfléchir ce qui peut le détruire ..."


(Faudel BELLOUA, Itinéraire d’un enfant de cités).




C’est vrai il y va de l’intelligence comme du cholestérol. Il y a la bonne et la mauvaise. Le mauvais cholestérol te bouche les artères. La mauvaise intelligence te bouche le cerveau. C'est-à-dire qu’elle fait un bouchon à un endroit et elle bloque la circulation des idées à la fin ça fait comme un infarctus cervical. Le cerveau il cherche les idées mais elles ne viennent pas parce qu’elles sont bloquées par le bouchon créé par la mauvaise intelligence, à force de chercher, il se fatigue, il chauffe et il finit par exploser.
La mauvaise intelligence c’est comme l’effet d’une intoxication. On prend les dictateurs par exemple, ils sont peut-être intoxiqués par de la mauvaise intelligence. Tous les tics qu’ils ont c’est quand ils cherchent une idée qui serait restée coincée derrière le bouchon. Il faut faire gaffe parce que l’on ne sait pas comment ça s’attrape. Dans un débat d’idées si ça se trouve. Tu viens avec les tiennes et ni vu ni connu tu repars avec des idées des autres qui se sont enfouies dans ton cerveau sans crier gare. Les débats c’est bien, mais avec les gens qu’on connaît et qui sont comme qui dirait compatibles. Moi je me protège, j’évite les débats. Je dis ce que je pense rapidement et aussitôt je m’en vais, les autres ils prennent, mais pas moi.
Il ne faut pas abuser de son intelligence. Ca demande une préparation spéciale, il y a des gens comme Bill Gates ou des présidents de la République qui suivent un entraînement depuis qu’ils sont petits. Mais si tu n’as pas été initié il ne faut pas rigoler avec ce truc là. Surtout qu’on ne la repère pas toujours. Einstein jeune il n’était pas bête mais ce n’était pas une lumière. C’est plus tard qu’il est devenu intelligent, trop peut-être ça a failli nous détruire. Inversement Mozart il était intelligent très tôt et il est mort jeune, faut peut-être pas commencer trop vite. Et puis l’intelligence ça rend morose des fois, on dit ça des jeunes surdoués. Ils sont trop intelligents pour nous, du coup ils se sentent pas bien ils font des dépressions, l’idée de passer sa vie avec des cons…
Ce qu’il faudrait c’est des radars à intelligence (RI). Un mélange de scanner et de radar de vitesse. Tu te promènerai, et hop t’es capté par un RI. Si t’as pas trop réfléchi tu passes, sinon t’es flashé du crâne et là on teste si tu as de la bonne ou de la mauvaise intelligence. En fonction, on te fait le traitement adapté.
Dans l’absolue ce qui serait plus performant ce serait de faire de la prévention. Dès les plus jeune âge on réunirait les enfants toute la journée et on leur apprendrait à penser comme les grands, c’est à dire ceux qui ne sont pas morts d’intelligence. Ils apprendraient à parler comme eux, à lire comme eux, à compter comme eux. Là on verrait vite si il y en a un qui fait le malin, on lui rappellerait que malgré tout il pourrait mieux faire.


Le « mieux faire » ça met le fait, en moins parce qu’on pourrait en faire plus et cela ça embrouille bien l’intelligence. Après on pourrait leur parler de trucs qui ne les intéressent pas du tout et vérifier si ils ont été attentifs en leur faisant des exercices notés. Et ensuite par magie on les renverraient chez eux où ils passeraient la soirée à compenser en regardant des trucs débiles à la télévision ou sur internet. Ca existe déjà ! mais ça voudrait dire que ce Rachid Taha n’aurait pas été à l’école.

mardi 25 mars 2008

Parlons technique

Faudel parle de perte d’inspiration durant cinq ans. Je parlerai de perte de manager. En fait perte de « ??? », car définitivement en France le Manageur est un acteur qui n’est pas compris par l’organisation commerciale.

Agent, tourneur, manageur ces trois termes sont confus dans l’esprit de beaucoup. Ils réfèrent à des fonctions distinctes, des publics et des moments différents.
L’agent est un « placeur ». Il place un comédien dans un film, un modèle dans un spot télé, un intervenant dans une conférence, un accordéoniste dans un orchestre de bal…
Il est rémunéré en récupérant 15% du cachet qu’il obtient pour son mandant.
Le tourneur est un vendeur de spectacle. Il propose une réalisation artistique dont il s’assure de la disponibilité et de la fourniture. Il peut être ou non le producteur de ce spectacle, celui qui aura assuré le financement de la réalisation artistique. Il se paye sur la marge qu’il obtient à la revente du spectacle à un promoteur local. Il est l’employeur de l’artiste.
Le manageur est un développeur de marque. Il installe une stratégie qui assure une exposition du nom d’un artiste, ce qui permet ensuite de négocier avec des agents, des tourneurs, des producteurs. Sa fonction est couverte financièrement par le reversement d’un pourcentage des revenus de l’artiste. En payant le manageur, l’artiste devient de fait son employeur. Par conséquent un manageur ne peut pas être le tourneur de son artiste ils seraient alors, employeurs et employés croisés : opération sac de nœuds.

A partir de là accrochez vous, ça vaut son pesant de cacahuètes salées.

Mestar, manageur ne peut être tourneur. Pourtant c’est en permanence son téléphone qui sonne pour demander Faudel en concert. Mestar organise. Dans un premier temps, Appel d’airs sert de tourneur naturel, pour les dates à 3000 ou 6000 francs (450 – 900 €) et ce jusqu’aux limites de sa mission c'est-à-dire le Printemps de Bourges 96 et les dates « Révélations du Printemps de Bourges » qui suivent. Puis ce seront Positiv’Jam et Mad Minute Music, quand les cachets iront jusqu’à 40000 ou 60000 F (6000 et 9000 €).
A l’analyse, les deux tourneurs font principalement office d’administrateurs de tournée. La majorité des dates sont négociées en direct par Mestar, il met en œuvre le spectacle en gérant les musiciens et techniciens nécessaires, il assure la fonctionnalité de l’équipe artistique, coordonne les interventions promotionnelles, prépare les rendez vous avec la presse locale sur chaque date etc. L’expérience acquise en 15 ans de spectacle vivant peut laisser entendre que se monte une structure spécifique dont le premier artiste au catalogue aurait été Faudel (comme le fera de son côté Charles avec l’Olympic et –M-). Par ce biais il était possible de poursuivre les aventures mantaises et d’instiller une dose d’intervenants locaux.
Mais Faudel a besoin de liquidités. A l’approche de 1,2,3 soleils il est de plus en plus sensible au murmure des 23 000€, qu’un tourneur lui propose en cas de signature. Faudel veut du cash, des cachets plus élevés, un intéressement aux résultats. Le prix de vente du spectacle qui était de 400 € passe en quatre ans à peine à près de 25 000 € par date.
Parenthèses : Les sommes que l’on propose aux artistes ne sont jamais des cadeaux. C’est leur propre argent qu’on leur propose de toucher plus tôt. Tu as tant de concerts prévus, que je vais renégocier, je vais gagner tant et toi tant. « Ah tu veux combien maintenant ? » mais pas de problème, c’est sur ton « tant à toi » que je vais avancer l’argent, je te le déduirai lors des comptes de clôture.
Entre Porsche et Mercédès, maisons achetées et sitôt revendues, entre les décotes et la tva sur plus-value, Faudel balancera près de 230 000 € par les fenêtres en 6 mois. Avec les à côtés, il a besoin de fraiche !
Mestar s’oppose à cette solution de tourneur mais déjà l’artiste lui échappe, attrapé par d’autres sirènes. Faudel sort vainqueur du round et demande à Mestar d’organiser au mieux les arrangements de coproduction. Bon an mal an, Faudel touchera cinquante pour cent des bénéfices de la tournée dont il reversera une partie à son manageur selon le contrat initial. Mad Minute Music se sent léser et plaide la récupération des dates que cette structure a négocié. Tout semble malgré tout fonctionner tant bien que mal. Jusqu’au moment fatidique où il faut clôturer les comptes et faire les répartitions. Les choses se compliquent. Le tourneur ne semble plus disposer des fonds pour solder l’exercice.
Attaqué aux Prud’hommes par Faudel, qui se retourne également contre son manageur, le tourneur fait le dos rond en première instance, le manageur est dégagé de toute responsabilité.
Faudel fait appel. Le tourneur a été mis en liquidation et a déposé le bilan.
Le tribunal ne trouvant qu’un tiers opposable à Faudel condamne en Mars 2008 le manageur (employé de fait de Faudel).
Résultat : une structure viable qui aurait pu faire vivre des gens de Mantes et de sa région n’a jamais vu le jour, le tourneur s’est envolé et avec lui les 300 millions de centimes de francs de résultat des tournées, le manageur qui s’opposait à cette situation et dont les intérêts étaient diamétralement opposés, ne touche pas les 15% de son contrat de management de l’artiste, et doit lui verser 10 000 € de dédommagements comme si il était employeur dans le cadre des suites d’un contrat ou il n’était pas décideur ni demandeur, ni prescripteur. C’est quand même à lui que Faudel reproche d’avoir abusé… Ubu ou es tu ?

Ces collaborations cessent lamentablement en 2001. Quelqu’un peut-il me rappeler un fait marquant de Faudel en tournée depuis cette date ?
En Juillet 2007, l’un des deux plus grands producteurs de spectacle de France annonçait par un communiqué de presse la fin de sa collaboration avec l’artiste Faudel. J’en suis encore tout étonné.

lundi 24 mars 2008

L’inspiration illusionniste

Depuis le début de sa carrière Faudel assure une fonction, interprète, et assume un rôle, artiste. Effet du temps, du succès, des médias, des dossiers de presse il finit par confondre les deux champs et à se convaincre d’être ce qu’il n’a jamais été.
Tout au long du livre qui lui est consacré, Faudel se pose en créateur. Il va jusqu’à justifier cinq ans de silence en les attribuant à une absence d’inspiration. Ahurissant !

Faudel a écrit « Tellement je t’aime, je pense à toi, Tellement je t’aime, je rêve de toi » dans la version rebeu de banlieue*, « dis moi comment faire pour comprendre tout ça… ». Quelques mots qui servent de gimmick et que d’autres ont développés pour lui. Mais il n’a jamais travaillé la création. A tel point qu’Universal pour s’assurer de la concrétisation des engagements finança directement son manager Mohamed Mestar, pour qu’il accepte d’assurer la mise en chantier du deuxième album dû par Faudel. Regardons bien les crédits de l’album Samra, Faudel cosigne tous les titres. Sur la base de quelle compétence, de quel échange artistique ? Sur la base de « si tu veux que je le chante, je le signe » serait surement plus près de la réalité. En un opus, Faudel s’est forgé une réputation dans le métier qui lui colle toujours à la peau. C’est le poids de Mercury, l’influence de Santi qui feront surement se décider quelques personnes pour le troisième album. Parmi elles les initiateurs de Zebda, dont Faudel prouve aujourd’hui qu’il a occulté l’ensemble du message ! Encore une jolie proposition de résolution (comme on dit en musique) que Faudel n’aura pas su saisir par incapacité de la comprendre.

Faudel fait preuve d’une telle logique confusionnelle qu’il en oublie les fondamentaux. Ainsi il nomme Frédéric Lo qui avait soumis sa participation à l’album Baïda à un strict respect de son anonymat. Etonnamment Faudel ne cesse d’encenser son ami Nicolas Gauthier, directeur artistique de Sankara puis d’AZ chez Universal. C’est pourtant lui qui a donné au moins une voie en signant en douce et sous pseudo le titre « dis moi », en amenant un texte à la dernière minute lors de l’enregistrement en studio, le seul jour ou Mestar était absent ! Mais pour Faudel, le représentant du pouvoir commercial et financier de Philips-Polygram à l’époque, est naturellement absout d’office du simple fait qu’il représente le pouvoir commercial et financier. Et c’est surement bien là l’un des drames de cette aventure. Les amitiés de Faudel ne lui sont pas fondamentalement reprochées, et à quel titre les seraient-elles ? Mais cette obséquieuse tendance à se soumettre au calife, à chercher à être le bouffon du calife qui sera maîtres de tous les califes en oubliant derechef tous ces coreligionnaires est définitivement sidérante.

Au point de ne plus toucher terre. Finir par croire que l’on soit le créateur des titres que l’on a interprété. Nous faire croire que face à une profonde inertie de propositions Universal serait resté les deux pieds dans le même sabot, (j’aimerai avoir les plannings et les doubles des maquettes des titres travaillés par Faudel entre deux albums, pas celles que lui proposent des compositeurs plus ou moins inspirés), c’est nous faire croire que c’est l’été tous les jours partout sur la planète. Mais y croire soit même, finir par s’en convaincre, vivre une telle auto persuasion c’est « Oui-Oui gagne le tour de France en tricycle ».

Faudel francophone pur sucre a découvert le dialecte maghrébin avec ses proches et aussi au travers des chansons, (comme beaucoup d’entre nous ont « perfectionné » leur anglais en écoutant des musiques qui font du bruit). Ce parler arabe des banlieues n’est pas toujours bien compris des habitants d’Afrique du Nord. Un peu comme moi si je me mets à parler breton, ouh gast.

dimanche 24 février 2008

Vive l’immobilier

« Rapidement j’ai acheté un appartement à mes parents, un duplex en centre ville… »

Ce n’est pas centre ville, c’est Mantes la Ville, au centre de Mantes la Ville
Ce n’est pas j’ai acheté un appartement, c’est André qui a mis ses réseaux de gauche à disposition. L’appartement c’est Colette LAVANCIER, adjointe au maire de Mantes la Ville qui l’a négocié auprès des HLM. L’appui c’est Annette Peulvast-Bergeal député-maire de Mantes La Ville, que l’on retrouvera en conflit avec Le Pen, qui l’apportera. Elles l’ont fait simplement, sans contrepartie publique ou échange de jeux d’image.

A l’époque FAUDEL n’avait pas le temps suffisant pour s’occuper de telles démarches. Il achètera bien un pavillon pour ses parents, après quelques mois de lutte avec son manager pour qu’il en comprenne :
1 - l’intérêt fiscal,
2 – la prévention financière, compte tenu de ses revenus il n’aurait pas pu empêcher une injonction d’assistance à ses parents,
3 – l’intérêt d’un toit de repli au cas où.

On aura quand même évité l’achat d’une maison à deux pas du mac do, de la sortie de l’autoroute, en bord de nationale et à deux pas d’Auchan… Genre pèlerinage dominical, allons voir la famille Belloua…

schizophrénies

Les schizophrénies sont des pathologies psychiatriques d'évolution chronique, débutant généralement à l'adolescence ou au début de l'âge adulte. Il ne s'agit pas de "double-personnalités" comme on le pense parfois. Elles ont pour conséquence des altérations de la perception de la réalité (délire), des troubles cognitifs, et des dysfonctionnements sociaux et comportementaux plus ou moins importants. Le terme est fréquemment utilisé au sens figuré, notamment dans la presse, pour évoquer des attitudes ou des propos simplement contradictoires.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Schizophr%C3%A9nie

Itinéraire d'un enfant de cité: Page 14
" Aujourd'hui je conduis une Mercédes noire".


Itinéraire d'un enfant de cité: Page 21

SANS COMMENTAIRE ......

"Certains en font un drôle d'usage. Ils se pavanent dans les médias avec (comme un passeport d'être ici), alors qu'ils n'ont plus rien, en commun avec la cité. Surtout ils n'y habitent plus, ils ne connaissent plus que le 7-5 et sa vie luxueuse. Pourtant ils vont en Mercédes , le nez plein de coke et le compte en banque chargé , jouer les porte-parole de la cité. Ça les distrait. en plus, ça leur donne bonne conscience de se dire investis d'une mission. C'est bien ça d'ailleurs qui me fait gerber. De quel droit sont-ils la bouche d'une communauté qu'ils fréquentent moins voire plus du tout ? Que savent-ils de ceux pour qui ils parlent, de leurs problèmes ? A mon avis, grand-chose. J'essaie d'être plus honnête qu'eux. J'ai changé d'univers, je n'ai aucune raison de le nier. ça se voit. Je parle en mon nom. Eux, ils parlent au nom de la cité ; ils ne connaissent que ça. son nom. "

Mais pourquoi FAUDEL

(Itinéraire d'un enfant de cité: Page 86 et suivantes)

Problème de mémoire ou de traduction de la part de la journaliste transcriptrice des propos de FAUDEL. La vision des débuts est hallucinante. Heureusement en bonne association structurée nous avions consigné les faits dans un bilan moral 1994-1998, rédigé en 1998. Précaution, encadrement, formation, investissement tout est balayé par FAUDEL. L’air de rien c’est la frontière ténue entre l’action d’éducation populaire et l’accompagnement à la professionnalisation qui est attaquée involontairement peut-être par les propos de FAUDEL BELLOUA

La souffrance innommable de FAUDEL serait la dépossession. « Je vis dans cette phrase, ce vide puisque je ne suis rien, je n’y suis pour rien dans mon succès. Dépossédé. ». Sa réponse est donc de déposséder les faits de leur vérité. Petit rétablissement.

Jimmy OIHID :
L’artiste Lyonnais (là il y a tout Villeurbanne qui hurle !!) était programmé au cinéma – théâtre Le Normandie, aujourd’hui remplacé par un multiplex CGR. Appel d’Airs comme souvent, assurait l’assistance à maitrise d’ouvrage, pour cette soirée co-organisée avec d’autres associations. Entre autres en première partie était programmé « Les étoiles du Raï », « Chebab Artits » et « Archyves ».
Notre philosophie : « les quartiers méritent le meilleur du moment » se traduisait par la présence à la console de Serge VENERUSO. En plus d’être le frère de Jacques (écurie Goldmann, ex CANADA, auteur pour Céline DION), Serge était le sonorisateur en titre de KHALED alors en pleine explosion après les sorties de Didi et AÎSHA.
Musicalement ce qui nous séduisait à l’époque était la qualité vocale de Karim Belloua, son invention dans les « Stirba » (Improvisation introductive des morceaux), son rapport mature à l’organisation des spectacles, sa presque majorité légale.
Ce soir là la lumière a été bouffée par son petit frère, moins stable vocalement, mais gourmand de scène, d’une efficacité totale. Serge fut le premier a donné une validation professionnelle à la prestation de FAUDEL, confirmant les impressions que nous avions eues.
Cette désignation n’a en rien changé nos intentions. Karim est resté l’axe de travail concernant le groupe « Les étoiles du Raï ». Alors que tout était en place pour démarrer une formation, création de répertore, Karim a décliné la proposition. A quelques jours de son incorporation pour son service militaire il ne souhaitait pas donner suite à notre offre. Il lui semblait trop difficile d’assumer les deux obligations.
Il n’y a pas de Matthieu Chedid dans cette opération préalable. Tout juste il y a-t-il peut être parmi les roads un ou deux personnages qui deviendront la colonne vertébrale de l’équipe technique de –M-, après avoir été les premiers fidèles de FAUDEL.

Trois ans de signatures

C’est en fin de journée en semaine que FAUDEL est venu nous rejoindre, courant 1994 à La PAGODE, lieu de regroupement des associations où nous disposions d’un bureau. Plus de 18 mois après la première partie de Jimmy OIHID. Et c’est là que FAUDEL a formulé clairement sa demande à Mohamed MESTAR en lui demandant de bien vouloir devenir son manager. Ce qui se traduit par « J’étais jeune, j’avais quinze ans…..Le renard avait reniflé le bon plan. Pour pouvoir m’emmener à Paris, il fallait une autorisation de mes parents. Pour les rassurer, on a signé un contrat lui et moi qui disait qu’il était mon manager… ». Là, en sous entendu, c’est ma responsabilité morale de président de l’époque qui est remise cause. J’aurai favorisé un abus de faiblesse à l’encontre d’un jeune mineur !!!!!
FAUDEL n’a pas signé un contrat « qui disait qu’il était mon manager ». Monsieur et Madame BELLOUA ont signé, en tant que parents un contrat de management au nom de leur fils mineur. Le contrat de management a été contresigné par FAUDEL dès sa majorité acquise. Ce contrat est la seule base permettant de rémunérer équitablement Mohamed MESTAR pour tous ses apports intellectuels et relationnels qui ont permis à FAUDEL d’exister. Cela se traduit par le reversement de 15% des revenus de l’artiste sur la période concernée (pour mémoire en loi anglo-saxonne la règle est de 50%). A ce jour ces 15% n’ont jamais été réglé.

Cerise sur le gâteau, FAUDEL a suivi au CIR devenu IRMA (centre d’information et de ressources spécialisé pour les musiques actuelles) un stage de formation concernant le management. Ceci s’ajoute à une formation au Studios des Variétés financée grâce aux découvertes du printemps de Bourges ou il découvrira Sarah SANDERS et un suivi médical assuré par l’espace voix de la fondation Rothschild. Si l’on ajoute les séances d’explication fournies par les avocats et conseillers juridiques on est loin d’un larguage en rase campagne.

New York et Xavier.

Découverte du Printemps de Bourges ne s’est pas révélé suffisant pour accrocher une signature. Nous avons fait dupliquer près de 3000 cassettes pour assurer la promotion de FAUDEL. Pendant près de deux ans ce fut une suite de refus de la part des maisons de disque, la palme revenant au DA qui demandait du « Raï un peu plus parisien ».
A deux doigts d’abandonne,r Mohammed MESTAR a joué un va tout. Au chômage il a, sur ses deniers personnels et avec l’aide d’un crédit à la consommation, financé l’enregistrement de deux titres à New York dans le mythique studio de Jimi Hendrix. (25 000 F en janvier 1996). Cet enregistrement n’a jamais été exploité mais a marqué les esprits quant à la détermination de Mohamed MESTAR.
Malheureusement cela n’était pas suffisant pour décider une major à faire confiance à un chanteur de Raï qui soit issu des quartiers.
C’est par les cheveux que la situation sera sauvée in extrémis. Xavier DEROUIN, guitariste de FAUDEL et d’autres artistes amena Nicolas GAUTHIER directeur du label SANKARA (lable créé par Philippe Constantin), à se rapprocher de l’équipe FAUDEL lors d’un show de MASDONGAR au New Morning.
Nicolas se montra éventuellement intéressé, mais ne tira pas un tapis rouge pour accueillir « le petit prince du Raï ».
Les contrats furent eux signés à quelques jours de la sortie officielle du disque. FAUDEL était majeur.

Les challenges

Propulsé FAUDEL posait deux challenges au moins. Faire que sa jeunesse lui permette de se démarquer rapidement de Khaled et Mami qui occupaient la place. Faire accepter comme chanteur de Raï un interprète qui ne soit pas un migrant algérien, mais un jeune né sur le sol français.
Sur cette phase je reconnais que nous avons fait preuve de volontarisme, « la fenêtre de tir », pour utiliser une expression balistique, étant par essence limitée.

jeudi 14 février 2008

Rendre les étoiles du Raï à Assim et Kadda

Le mythe du créateur fédérateur

La situation qui a créé une rage initiale chez Mohamed Mestar et moi-même dans notre volonté de sortir le Raï de sa pratique communautariste fut certainement l'absence de bassiste dans le groupe "Les Etoiles du Raï".

Fondé par Assim Ozadanir, le groupe "Les étoiles du Raî" était réputé pour ses prestations dans les mariages, mais aussi dans les maisons de quartiers et le réseau associatif Yvelinois. D'origine turc Assim et sa famille avaient longtemps été à la tête d'une des discothéques les plus réputées du monde du Raï sur Paris. Footballeur émérite (18 ans nationaux du PSG), repèré par le Barça Assim avait privilégié ses études à la demande de ses parents. Son plaisir sportif s'est reporté dans l'univers musical. Pianiste, compositeur, féru de Raï, Assim a fédéré autour de lui des musiciens pour développer une réponse Raï pour les fêtes, mariages et événements culturels.

Après deux ou trois ans d'existence, le groupe croisera la famille Belloua. Ce sera d'abord Karim le grand frère, avant que Faudel n'emporte le concours de chant proposé lors d'une fête du quartier des Peintres. Assim et son compère Kadda s'attacheront à faire découvir aux deux frères les règles de fonctionnement des formations amateurs mais à fort potentiel.

Notre implication à Momo et moi-même dans le réseau des salles de spectacles des Yvelines ouvraient des opportunités de "dates" pour les groupes de Mantes, en particulier ceux qui étaient les plus représentatifs du moment, Les étoiles du Raï, Gam Gam, Archives, "Expression Direkt - Soul Terrific Kids - STK".

Le comorien de Gam Gam, le Funk d'Archive, le Rap d' Expression Direkt, le rock des Forbidden Toys ne souffraient pas du rejet constaté de la part de certains musiciens. Les Etoiles avaient une faiblesse. Ils ne réussissiaent pas à fixer un bassiste dans leur formation, ceux que nous sollicitions traitaient le Raï avec un dédain certain. Il aura fallu que nous mobilisions notre ancien bassiste, Thierry pour assurer les prestations. C'est à dire faire appel à un musicien habitant Nogent Le Rotrou pour jouer à Mantes ... 140 km pour chaque répétition. Une absurdité locale, une insulte à notre souhait de voir se croiser les pratiques instrumentales.
Telle une provocation cette situation nous a poussé à ne jamais lâcher le morceau sur ce secteur.

Aussi génial soit il, FAUDEL entre 12 et 14 ans n'a pas inventé la poudre. Il a été le brillant petit JOSELITO d'une formation qui vivait avant lui et a continué sans lui. Il n'est pas loin s'en faut l'instigateur, le maître à penser, l'organisateur d'une formation musicale qui l'a accueilli, l'a préparé à l'approche du public, l'a familiarisé avec la pratique scènique. C'est MERCI que l'on devrait lire dans ses écrits.

Au nom des 3000



Un soutien à Nicolas SARKOZY, un passage à la Bastille seraient à l'origine des tentatives de suicide du self made raï singer, FAUDEL Belloua. Préparateur, coorganisateur, témoin de son ascension je ne peux pas, par respect pour les milliers de personnes qui se sont mobilisés pour lui, garder le silence. Et que dire des propos sous entendus concernant son ancien manager?

En 1989, en compagnie de Mohamed MESTAR, je créais sur Mantes La Jolie l'association Appel d'Airs. Nous nous étions donnés comme objectif de défendre la pratique des musiciens de notre région, l'obtention de conditions de répétition décentes, une programmation coordonnée avec celle officielle de la ville, le développement de formation à la pratique musicale collective.

Nous avons multiplié les concerts, participé activement à la création du Centre de Ressources Yvelinois pour la musique amplifiée, accompagné Marc Touché dans son travail de sensibilisation des autorités aux atteintes sanitaires dont étaient victimes les musiciens de par leurs conditions de pratique, initié et dynamisé la création de locaux de répétitions au sein du CAC Georges Brassens de Mantes La Jolie etc.

Fait remarquable nous avons de manière associative approché les technicités des éditeurs en développant des modules de formation adaptée dont ont profité, un bluesman Jean Pierre Hauffman, un musicien comorien, GamGam, une équipe de musicien de Raï, Samir, Lahli et Faudel.

Notre association a porté le projet FAUDEL jusqu'à son passage en tant que découverte du Printemps de Bourges. J'ai personnellement suivi jusqu'en 2000 son aventure médiatique. A la demande de Mohamed MESTAR, j'ai également assuré le tour management de FARES, nom d'artiste de KARIM Belloua qui a enregistré un album Raï produit par Sony.

FAUDEL Belloua, jeune homme de 30 ans aurait tenté en juillet-aout 2007 de se suicider en sautant par la fenêtre. Elle était fermée ? Merci la fenêtre. Notre déontologie nous interdit de rendre public depuis longtemps le comportement immanquablement suicidaire de FAUDEL Belloua. Quoiqu'il ait suffi d'être spectateur de son premier Zénith de Paris pour se rendre compte que la perception de la réalité qui était celle de FAUDEL ce soir là, n'était pas celle du commun des mortels.

Des dizaines de milliers de personnes ont vécu des moments de vrai bonheur en découvrant FAUDEL dans la fraicheur de ses débuts. J'ai dénombré près de 3 000 personnes qui ont à un moment ou un autre fait un geste, un choix, pris un risque pour que la proposition artistique de FAUDEL existe et avec lui ce qu'elle représentait. A l'écouter, à le lire on en concluerait que son manager était un escroc, tous ceux qui œuvraient pour lui étaient des poux, des cloportes, des cafards et que naturellement lui se serait fait tout seul.

Je propose que tous les poux, tous les cloportes, tous les cafards se retrouvent ici . Nous avons surement des choses à dire ou à rappeler.

André LE BOHEC.