lundi 31 mars 2008

Faudel BELLOUA nous parle d’intelligence

"Rachid Taha est intelligent, trop intelligent peut-être. Il a tendance à trop réfléchir ce qui peut le détruire ..."


(Faudel BELLOUA, Itinéraire d’un enfant de cités).




C’est vrai il y va de l’intelligence comme du cholestérol. Il y a la bonne et la mauvaise. Le mauvais cholestérol te bouche les artères. La mauvaise intelligence te bouche le cerveau. C'est-à-dire qu’elle fait un bouchon à un endroit et elle bloque la circulation des idées à la fin ça fait comme un infarctus cervical. Le cerveau il cherche les idées mais elles ne viennent pas parce qu’elles sont bloquées par le bouchon créé par la mauvaise intelligence, à force de chercher, il se fatigue, il chauffe et il finit par exploser.
La mauvaise intelligence c’est comme l’effet d’une intoxication. On prend les dictateurs par exemple, ils sont peut-être intoxiqués par de la mauvaise intelligence. Tous les tics qu’ils ont c’est quand ils cherchent une idée qui serait restée coincée derrière le bouchon. Il faut faire gaffe parce que l’on ne sait pas comment ça s’attrape. Dans un débat d’idées si ça se trouve. Tu viens avec les tiennes et ni vu ni connu tu repars avec des idées des autres qui se sont enfouies dans ton cerveau sans crier gare. Les débats c’est bien, mais avec les gens qu’on connaît et qui sont comme qui dirait compatibles. Moi je me protège, j’évite les débats. Je dis ce que je pense rapidement et aussitôt je m’en vais, les autres ils prennent, mais pas moi.
Il ne faut pas abuser de son intelligence. Ca demande une préparation spéciale, il y a des gens comme Bill Gates ou des présidents de la République qui suivent un entraînement depuis qu’ils sont petits. Mais si tu n’as pas été initié il ne faut pas rigoler avec ce truc là. Surtout qu’on ne la repère pas toujours. Einstein jeune il n’était pas bête mais ce n’était pas une lumière. C’est plus tard qu’il est devenu intelligent, trop peut-être ça a failli nous détruire. Inversement Mozart il était intelligent très tôt et il est mort jeune, faut peut-être pas commencer trop vite. Et puis l’intelligence ça rend morose des fois, on dit ça des jeunes surdoués. Ils sont trop intelligents pour nous, du coup ils se sentent pas bien ils font des dépressions, l’idée de passer sa vie avec des cons…
Ce qu’il faudrait c’est des radars à intelligence (RI). Un mélange de scanner et de radar de vitesse. Tu te promènerai, et hop t’es capté par un RI. Si t’as pas trop réfléchi tu passes, sinon t’es flashé du crâne et là on teste si tu as de la bonne ou de la mauvaise intelligence. En fonction, on te fait le traitement adapté.
Dans l’absolue ce qui serait plus performant ce serait de faire de la prévention. Dès les plus jeune âge on réunirait les enfants toute la journée et on leur apprendrait à penser comme les grands, c’est à dire ceux qui ne sont pas morts d’intelligence. Ils apprendraient à parler comme eux, à lire comme eux, à compter comme eux. Là on verrait vite si il y en a un qui fait le malin, on lui rappellerait que malgré tout il pourrait mieux faire.


Le « mieux faire » ça met le fait, en moins parce qu’on pourrait en faire plus et cela ça embrouille bien l’intelligence. Après on pourrait leur parler de trucs qui ne les intéressent pas du tout et vérifier si ils ont été attentifs en leur faisant des exercices notés. Et ensuite par magie on les renverraient chez eux où ils passeraient la soirée à compenser en regardant des trucs débiles à la télévision ou sur internet. Ca existe déjà ! mais ça voudrait dire que ce Rachid Taha n’aurait pas été à l’école.

mardi 25 mars 2008

Parlons technique

Faudel parle de perte d’inspiration durant cinq ans. Je parlerai de perte de manager. En fait perte de « ??? », car définitivement en France le Manageur est un acteur qui n’est pas compris par l’organisation commerciale.

Agent, tourneur, manageur ces trois termes sont confus dans l’esprit de beaucoup. Ils réfèrent à des fonctions distinctes, des publics et des moments différents.
L’agent est un « placeur ». Il place un comédien dans un film, un modèle dans un spot télé, un intervenant dans une conférence, un accordéoniste dans un orchestre de bal…
Il est rémunéré en récupérant 15% du cachet qu’il obtient pour son mandant.
Le tourneur est un vendeur de spectacle. Il propose une réalisation artistique dont il s’assure de la disponibilité et de la fourniture. Il peut être ou non le producteur de ce spectacle, celui qui aura assuré le financement de la réalisation artistique. Il se paye sur la marge qu’il obtient à la revente du spectacle à un promoteur local. Il est l’employeur de l’artiste.
Le manageur est un développeur de marque. Il installe une stratégie qui assure une exposition du nom d’un artiste, ce qui permet ensuite de négocier avec des agents, des tourneurs, des producteurs. Sa fonction est couverte financièrement par le reversement d’un pourcentage des revenus de l’artiste. En payant le manageur, l’artiste devient de fait son employeur. Par conséquent un manageur ne peut pas être le tourneur de son artiste ils seraient alors, employeurs et employés croisés : opération sac de nœuds.

A partir de là accrochez vous, ça vaut son pesant de cacahuètes salées.

Mestar, manageur ne peut être tourneur. Pourtant c’est en permanence son téléphone qui sonne pour demander Faudel en concert. Mestar organise. Dans un premier temps, Appel d’airs sert de tourneur naturel, pour les dates à 3000 ou 6000 francs (450 – 900 €) et ce jusqu’aux limites de sa mission c'est-à-dire le Printemps de Bourges 96 et les dates « Révélations du Printemps de Bourges » qui suivent. Puis ce seront Positiv’Jam et Mad Minute Music, quand les cachets iront jusqu’à 40000 ou 60000 F (6000 et 9000 €).
A l’analyse, les deux tourneurs font principalement office d’administrateurs de tournée. La majorité des dates sont négociées en direct par Mestar, il met en œuvre le spectacle en gérant les musiciens et techniciens nécessaires, il assure la fonctionnalité de l’équipe artistique, coordonne les interventions promotionnelles, prépare les rendez vous avec la presse locale sur chaque date etc. L’expérience acquise en 15 ans de spectacle vivant peut laisser entendre que se monte une structure spécifique dont le premier artiste au catalogue aurait été Faudel (comme le fera de son côté Charles avec l’Olympic et –M-). Par ce biais il était possible de poursuivre les aventures mantaises et d’instiller une dose d’intervenants locaux.
Mais Faudel a besoin de liquidités. A l’approche de 1,2,3 soleils il est de plus en plus sensible au murmure des 23 000€, qu’un tourneur lui propose en cas de signature. Faudel veut du cash, des cachets plus élevés, un intéressement aux résultats. Le prix de vente du spectacle qui était de 400 € passe en quatre ans à peine à près de 25 000 € par date.
Parenthèses : Les sommes que l’on propose aux artistes ne sont jamais des cadeaux. C’est leur propre argent qu’on leur propose de toucher plus tôt. Tu as tant de concerts prévus, que je vais renégocier, je vais gagner tant et toi tant. « Ah tu veux combien maintenant ? » mais pas de problème, c’est sur ton « tant à toi » que je vais avancer l’argent, je te le déduirai lors des comptes de clôture.
Entre Porsche et Mercédès, maisons achetées et sitôt revendues, entre les décotes et la tva sur plus-value, Faudel balancera près de 230 000 € par les fenêtres en 6 mois. Avec les à côtés, il a besoin de fraiche !
Mestar s’oppose à cette solution de tourneur mais déjà l’artiste lui échappe, attrapé par d’autres sirènes. Faudel sort vainqueur du round et demande à Mestar d’organiser au mieux les arrangements de coproduction. Bon an mal an, Faudel touchera cinquante pour cent des bénéfices de la tournée dont il reversera une partie à son manageur selon le contrat initial. Mad Minute Music se sent léser et plaide la récupération des dates que cette structure a négocié. Tout semble malgré tout fonctionner tant bien que mal. Jusqu’au moment fatidique où il faut clôturer les comptes et faire les répartitions. Les choses se compliquent. Le tourneur ne semble plus disposer des fonds pour solder l’exercice.
Attaqué aux Prud’hommes par Faudel, qui se retourne également contre son manageur, le tourneur fait le dos rond en première instance, le manageur est dégagé de toute responsabilité.
Faudel fait appel. Le tourneur a été mis en liquidation et a déposé le bilan.
Le tribunal ne trouvant qu’un tiers opposable à Faudel condamne en Mars 2008 le manageur (employé de fait de Faudel).
Résultat : une structure viable qui aurait pu faire vivre des gens de Mantes et de sa région n’a jamais vu le jour, le tourneur s’est envolé et avec lui les 300 millions de centimes de francs de résultat des tournées, le manageur qui s’opposait à cette situation et dont les intérêts étaient diamétralement opposés, ne touche pas les 15% de son contrat de management de l’artiste, et doit lui verser 10 000 € de dédommagements comme si il était employeur dans le cadre des suites d’un contrat ou il n’était pas décideur ni demandeur, ni prescripteur. C’est quand même à lui que Faudel reproche d’avoir abusé… Ubu ou es tu ?

Ces collaborations cessent lamentablement en 2001. Quelqu’un peut-il me rappeler un fait marquant de Faudel en tournée depuis cette date ?
En Juillet 2007, l’un des deux plus grands producteurs de spectacle de France annonçait par un communiqué de presse la fin de sa collaboration avec l’artiste Faudel. J’en suis encore tout étonné.

lundi 24 mars 2008

L’inspiration illusionniste

Depuis le début de sa carrière Faudel assure une fonction, interprète, et assume un rôle, artiste. Effet du temps, du succès, des médias, des dossiers de presse il finit par confondre les deux champs et à se convaincre d’être ce qu’il n’a jamais été.
Tout au long du livre qui lui est consacré, Faudel se pose en créateur. Il va jusqu’à justifier cinq ans de silence en les attribuant à une absence d’inspiration. Ahurissant !

Faudel a écrit « Tellement je t’aime, je pense à toi, Tellement je t’aime, je rêve de toi » dans la version rebeu de banlieue*, « dis moi comment faire pour comprendre tout ça… ». Quelques mots qui servent de gimmick et que d’autres ont développés pour lui. Mais il n’a jamais travaillé la création. A tel point qu’Universal pour s’assurer de la concrétisation des engagements finança directement son manager Mohamed Mestar, pour qu’il accepte d’assurer la mise en chantier du deuxième album dû par Faudel. Regardons bien les crédits de l’album Samra, Faudel cosigne tous les titres. Sur la base de quelle compétence, de quel échange artistique ? Sur la base de « si tu veux que je le chante, je le signe » serait surement plus près de la réalité. En un opus, Faudel s’est forgé une réputation dans le métier qui lui colle toujours à la peau. C’est le poids de Mercury, l’influence de Santi qui feront surement se décider quelques personnes pour le troisième album. Parmi elles les initiateurs de Zebda, dont Faudel prouve aujourd’hui qu’il a occulté l’ensemble du message ! Encore une jolie proposition de résolution (comme on dit en musique) que Faudel n’aura pas su saisir par incapacité de la comprendre.

Faudel fait preuve d’une telle logique confusionnelle qu’il en oublie les fondamentaux. Ainsi il nomme Frédéric Lo qui avait soumis sa participation à l’album Baïda à un strict respect de son anonymat. Etonnamment Faudel ne cesse d’encenser son ami Nicolas Gauthier, directeur artistique de Sankara puis d’AZ chez Universal. C’est pourtant lui qui a donné au moins une voie en signant en douce et sous pseudo le titre « dis moi », en amenant un texte à la dernière minute lors de l’enregistrement en studio, le seul jour ou Mestar était absent ! Mais pour Faudel, le représentant du pouvoir commercial et financier de Philips-Polygram à l’époque, est naturellement absout d’office du simple fait qu’il représente le pouvoir commercial et financier. Et c’est surement bien là l’un des drames de cette aventure. Les amitiés de Faudel ne lui sont pas fondamentalement reprochées, et à quel titre les seraient-elles ? Mais cette obséquieuse tendance à se soumettre au calife, à chercher à être le bouffon du calife qui sera maîtres de tous les califes en oubliant derechef tous ces coreligionnaires est définitivement sidérante.

Au point de ne plus toucher terre. Finir par croire que l’on soit le créateur des titres que l’on a interprété. Nous faire croire que face à une profonde inertie de propositions Universal serait resté les deux pieds dans le même sabot, (j’aimerai avoir les plannings et les doubles des maquettes des titres travaillés par Faudel entre deux albums, pas celles que lui proposent des compositeurs plus ou moins inspirés), c’est nous faire croire que c’est l’été tous les jours partout sur la planète. Mais y croire soit même, finir par s’en convaincre, vivre une telle auto persuasion c’est « Oui-Oui gagne le tour de France en tricycle ».

Faudel francophone pur sucre a découvert le dialecte maghrébin avec ses proches et aussi au travers des chansons, (comme beaucoup d’entre nous ont « perfectionné » leur anglais en écoutant des musiques qui font du bruit). Ce parler arabe des banlieues n’est pas toujours bien compris des habitants d’Afrique du Nord. Un peu comme moi si je me mets à parler breton, ouh gast.